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Envie de s’exprimer. Raconter des histoires au monde. Laisser une trace, peutêtre. Deux lignes, un jour, dans un livre d’histoire perdues dans un paragraphe consacré à cette époque suspendue entre le deuxième et le troisième millénaire.
Je suis gaucher. J’écris. Ma main glisse sur le papier, et l’éminence thénar traîne sur l’encre encore humide, salissant la page. Zut.
Le dessin ? Il me passionne. Mais je suis plus à l’aise avec une équerre et un rapidographe. Je suis rapide — sans doute trop peu, car j’aimem’attarder sur les détails. Et il y en a toujours un de plus. Et puis, un jour, la solution. Un appareil.
Qu’il est fascinant, cet objet qui, d’un simple mouvement de l’index, permet d’enfermer dans une boîte l’histoire que je vis — et que je pourrai raconter. Une histoire capturée, donc vraie, donc incontestable.
Dans mes mains, quelque chose de précieux : un objet souvent japonais, parfois allemand, fait de viroles, de bagues, d’engrenages. Des chiffres s’alignent : 1/125, f/8, ISO 125. L’un dépend de l’autre pour atteindre cet équilibre fragile — le cliché juste.
Face à cette mécanique précise, je n’ai plus de doute : mon professeur se trompe… les mathématiques sont une opinion.
Et puis cette révélation — incroyable pour un enfant de dix ans :
dans le viseur, au centre, le stigmomètre.
L’appareil pend déjà autour de mon cou. J’ai treize ans. Je découvre les images de Robert Capa.
Alea jacta est.
C’est décidé : je choisis ce que je crois alors être l’unique art tributaire du réel.
Il me faudra six ans pour comprendre que mon image n’est qu’une contre-image.
Le premier objectif autofocus arrive sur le marché. Les jours du stigmomètre sont comptés.
Entre mes mains, les Allemands ont disparu — ou bien ils dorment dans une valise, avec des pellicules périmées et quelques Polaroid 65, ceux dont on pouvait extraire le négatif.
Depuis, je suis fidèle aux Japonais. Peut-être pas uniquement par choix.
J’ai aussi rencontré un compagnon irremplaçable : Photoshop.
Il avait six ans.Un prodige. Un Sergueï Bubka, une Marie-José Pérec, un Usain Bolt des temps numériques.
Aujourd’hui, les outils et la technologie nous permettent de produire des images proches du cinéma. Leur légèreté, leurs automatismes accompagnent le temps qui passe — et me donnent parfois le sentiment étrange de rajeunir.
La curiosité m’a empêché de me fixer. Nomade dans l’art photographique, je n’ai jamais ajouté de filtres à ce que je voyais. Je me suis laissé traverser, envahir, guider. Sans filtres, j’ai abordé le sujet — le protagoniste, l’acteur principal de mes images, mais aussi son contexte.
Si je dois parler, alors je dois d’abord écouter. Le laisser advenir. Le faire émerger.
C’est peut-être là que commence la création.
J’ai absorbé des livres, du cinéma, de la peinture, de la bande dessinée — et, malgré moi, du web. Mes propres expériences, et celles des autres.
Aujourd’hui, dans ma pratique, l’intuition reste essentielle. Elle demande du non conformisme, de la tolérance, de la rapidité… et, surtout, de croire en ce que l’on fait.
Socrate en avait déjà le mot juste : c’est une affaire de maïeutique.